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Publications 2019-2020

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Publications 2019-2020
Les dernières publications des membres du Carism

2020

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Stigmatiser : Discours médiatiques et normes sociales,

Éditions du Bord de l’Eau, à paraître 2020
sous la direction de Maëlle Bazin, Frédéric Lambert, Giuseppina Sapio

Les textes réunis dans ce livre étudient les langages de la stigmatisation et les réponses que des sujets stigmatisés peuvent produire, individuellement ou collectivement, pour s’en défendre. La stigmatisation se manifeste dans les discours d’une société donnée à un moment donné, elle se nourrit d’une culture de la haine et repose sur la construction arbitraire d'une domination. Désigner une différence, attribuer un nom injurieux, assigner un rôle, exclure, légitimer des actes de violence, telles sont les étapes qui scandent le processus de stigmatisation. Classes sociales, genres, origines, couleurs de peau, professions, confessions, appartenances politiques, maladies, handicaps apparaissent alors comme la justification de rejets, de violences symboliques et physiques. Pour lutter contre la discrimination et la ségrégation, des formes multiples de résistances voient le jour qui peuvent s’inscrire dans le registre du politique et du militantisme. Certains groupes se saisissent des mots et des images qui stigmatisent pour les resignifier, et ainsi proposer des représentations qui combattent les préjugés.
Tel pourrait être le récit de ces pages : comprendre comment les préjugés circulent dans nos sociétés d’information et de communication, à la télévision, dans la presse, dans les forums en ligne et sur les réseaux sociaux, au cinéma ou dans la littérature, pour entendre les discours qui les refusent.

 

Globalizing the peoplemetered audience”

in The Routledge Companion to Global Television, New York: Routledge/Taylor & Francis, pp 121-130, 2020
Jérôme Bourdon & Cécile Méadel, sous la direction de Shawn Shimpach.

10. Jerome Bourdon and Cécile Méadel: Globalizing the Peoplemetered Audience
Featuring scholarly perspectives from around the globe and drawing on a legacy of television studies, but with an eye toward the future, this authoritative collection examines both the thoroughly global nature of television and the multiple and varied experiences that constitute television in the twenty-first century.
Companion chapters include original essays by some of the leading scholars of television studies as well as emerging voices engaging television on six continents, offering readers a truly global range of perspectives. The volume features multidisciplinary analyses that offer models and guides for the study of global television, with approaches focused on the theories, audiences, content, culture, and institutions of television. A wide array of examples and case studies engage the transforming practices, technologies, systems, and texts constituting television around the world today, providing readers with a contemporary and multi-faceted perspective.
In this volume, editor Shawn Shimpach has brought together an essential guide to understanding television in the world today, how it works and what it means – perfect for students, scholars, and anyone else interested in television, global media studies, and beyond.

2019

"Une histoire de l'usager des technologies de l'information et de la communication"

Le Mouvement social, n°268, vol.3, p. 29-44, 2019
Cécile Méadel.

Que peut-on dire sur l’usager des technologies de l’information et de la communication qui vaille à la fois pour les différentes technologies domestiques concernées et pour les cent dernières années ? Cette période voit en effet à la fois des innovations permanentes, la démultiplication des outils, leur transformation incessante et leur diffusion accélérée dans toutes les strates de la population. Cet article propose, à partir d’une relecture des recherches sur la situation française, de comprendre comment l’individu se redéfinit et redéfinit son réseau social à travers leur utilisation. Après avoir présenté quelques caractéristiques propres aux usagers, l’article se développe autour d’une double tension qui fait controverse dans les travaux : la première entre usager pionnier et usager de masse, la seconde entre usager individuel et usager collectif.

 

« Les injonctions dans les institutions culturelles »

Les Enjeux de l’Information et de la Communication, n°20/3, 2019, p. 5 à 12, [en ligne] URL : https://lesenjeux.univ-grenoble-alpes.fr/2019/supplement-a/00-presentation-du-supplement-2019-a-les-injonctions-dans-les-institutions-culturelles-ajustements-et-prescriptions
Présentation et coordination du supplément 2019 A par Alexis Lucie, Appiotti Sébastien, Sandri Éva

 

« Media, communication technologies and forced migration: Promises and pitfalls of an emerging research field »

European Journal of Communication, vol. 34, issue 6, 2019, p. 582-593
Tristan Mattelart, auteur et coordination du dossier spécial « Media, communication technologies and forced migration »,

 In this article, we identify some of the main axes structuring the emergent research field of ‘Media, communication technologies and forced migration’, whose development has been greatly stimulated by the so-called European ‘migration crisis’. In consonance with the cross-cutting theme of this Special Issue, we study more specifically, concentrating mainly on the European context, how, within this research field, media and communication technologies have been represented either as contributing to the building of symbolic borders or, on the contrary, as tools facilitating the circumvention of symbolic and territorial borders. Basing our argument on some of the main works that have given shape to this research field, we assess – with no claim for exhaustiveness – some of the latter’s main contributions and limitations.

 

« Les temps changent. Une formation à l'âge de l'avenir “en miettes” »

dans Générations historiennes, Paris, CNRS éditions, 2019, p. 475-482
Bibia Pavard, sous la direction de Yann Potin et Jean-François Sirinelli

C’est à une nouvelle histoire des historiens que nous convie cet ouvrage, à la lumière d’une notion dynamique et féconde, celle de génération. Les 58 auteurs réunis dans ce volume explorent pour la première fois l’évolution de leur discipline à l’aune des « générations historiennes » qui l’ont façonnée. De Jules Michelet à nos jours…
Trois grandes parties forment la trame de cet ouvrage choral. La première fait revivre deux siècles d’historiographie française en dressant le portrait de 14 générations qui se sont succédé depuis le début du XIXe siècle. La deuxième partie donne la parole à une trentaine d’historiennes et historiens nés entre 1942 et 1983, invités à retracer leur propre itinéraire. Ont-ils eu le sentiment d’appartenir ou non à une génération et de s’inscrire en rupture par rapport aux précédentes ?
Enfin, à partir d’une quinzaine d’études de cas (la Révolution française, l’histoire coloniale, l’histoire des femmes…), la troisième partie revisite, sous l’angle générationnel, les grands débats qui agitent le champ foisonnant du travail historique.

 

« L’effet Soljenitsyne et la réflexion sur le totalitarisme »

dans Culture, médias, pouvoirs aux États-Unis et en Europe occidentale de 1945 à 1991, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2019
Rémy Rieffel, sous la direction de Philippe Poirrier

 

Louis Guilloux dans les médias. Les réceptions de l’œuvre

Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2019
sous la direction de Jean-Baptiste Legavre

Analyser les réceptions médiatiques d’un écrivain, c’est mieux voir les transactions à l’œuvre. Guilloux compose, accepte, masque. Il évite aussi de parler de ce dont il ne souhaite pas parler, comme son voyage en URSS en 1936. Guilloux tente encore dans les médias de lutter contre sa peur de trahir ses origines autant que de dissimuler sa grande difficulté à se penser comme un théoricien de la (de sa) littérature. En observant au fil des contributions les réceptions de l’œuvre de Louis Guilloux se dessinent en arrière-plan la vie des périodiques autant que le travail de la critique littéraire tout au long du XXe siècle.

 

« Une plateforme au service d’un monde professionnel mobilisé : enjeux symboliques et économiques »

tic&société [En ligne], Vol. 13, N° 1-2, 2019. URL : http://journals.openedition.org/ticetsociete/3299
Marie-Eva LESAUNIER

En prenant pour objet une plateforme de vidéos à la demande par abonnement spécialisée dans le documentaire de création, cet article cherche à rendre compte des enjeux professionnels d’une telle entreprise, enjeux qui recouvrent des dimensions à la fois symboliques, politiques, économiques et industrielles. Il apparaît que le modèle économique de la plateforme, fondé sur l’intégration verticale de la filière de production des films, témoigne de la mobilisation d’un monde professionnel pour la défense et la réaffirmation de sa légitimité et de ses frontières. Ce modèle, très éditorialisé, est néanmoins confronté à un écosystème numérique concurrentiel où des logiques préexistantes restent à l’œuvre. La viabilité des plateformes audiovisuelles de niche est donc mise en question.

 

« Culturebox, le portail culturel au cœur de la stratégie numérique de France Télévisions »,

tic&société [En ligne], Vol. 13, N° 1-2, 2019, URL : http://journals.openedition.org/ticetsociete/3226
Lucie ALEXIS

Cet article porte sur les stratégies éditoriales de France Télévisions dans un contexte concurrentiel marqué par le succès de plateformes telles que YouTube ou Dailymotion dans l’offre de contenus numériques. Plus précisément, il consiste en une étude de Culturebox, le portail numérique de France Télévisions consacré à la culture et refondu en 2013. Nous avons ainsi procédé à une analyse sémiologique des écrans d’accueil du site entre 2014 et 2017, puis rapporté celle-ci aux choix éditoriaux du groupe de service public. Empruntant au format du magazine culturel en ligne, le dispositif témoigne de logiques d’hybridation à l’œuvre dans la configuration des pratiques d’écritures et des modalités d’exposition des contenus. En outre, il manifeste une politique éditoriale visant à promouvoir une « culture de service public », reproduisant ainsi sur Internet le positionnement culturel identifiable sur l’antenne linéaire de France 2.

 

« Vivre les représentations médiatiques de son trouble mental »

Les Cahiers du journalisme - Recherches, vol. 2, n°3, 2019, p. R9-R28, http://cahiersdujournalisme.org/V2N3/CaJ-2.3-R009.html
Blandine Rousselin

Cet article s’intéresse aux discours sur le traitement médiatique des problèmes de santé mentale de personnes se présentant comme atteintes de troubles mentaux sur le Web. On étudiera, avec une analyse de corpus et des entretiens, comment les personnes concernées perçoivent les contenus médiatiques véhiculant des représentations sociales stigmatisantes sur la santé mentale, renforçant la stigmatisation, la discrimination et le rejet préexistants. Comment vivent-elles le fait de voir le trouble dont elles sont atteintes représenté ainsi et quelles positions adoptent-elles à ce sujet ? Elles expriment des critiques sur le vocabulaire employé par les journalistes, considéré comme discriminant et les représentations associant troubles mentaux et violence. En revanche, les approches médiatiques donnant la parole aux personnes avec l’expérience d’un trouble mental et les angles didactiques sont plébiscités.

 

« L’empowerment féminin noir sur YouTube en France »

Terminal [En ligne], 125-126, 2019. URL : http://journals.openedition.org/terminal/5453
Jaércio Bento da Silva

Cette étude de caractère préliminaire a pour intérêt de contribuer à une réflexion sur la pratique militante des femmes noires sur YouTube, dans l’objectif de comprendre ses singularités. Plus particulièrement sur la production de six youtubeuses qui mènent un travail de « pédagogie », en ayant pour objectif d’interroger les productions médiatiques et culturelles sous le prisme de l’intersectionnalité. L’article est divisé en trois axes. Tout d’abord, une perspective socio-historique de la prise de parole des femmes noires en France. Ensuite, nous situons cet espace numérique de création dans une logique d’empowerment, en analysant précisément leur mode de production et leurs stratégies pour s’approprier collectivement d’une parole dite confisquée dans l’espace public. Finalement, nous introduisons quelques éléments permettant de réfléchir aux ambivalences de la réception de ce discours. Ici, la production d’information est un enjeu de lutte, dans la quête de produire d’autres manières de raconter le monde par la critique (Cardon et Granjon, 2013) ; l’attente d’une reconnaissance à la fois sociale et morale, et de lutte contre le mépris (Renault, 2000).

 

 « Se raconter sur le Web, une source d’empowerment pour les personnes atteintes de troubles mentaux »

Terminal [En ligne], 125-126, 2019  http://journals.openedition.org/terminal/523
Rousselin Blandine,

L’article s’intéresse à la façon dont les personnes atteintes de troubles mentaux utilisent les dispositifs numériques -blogs, microblogs, réseaux socionumériques, plateformes de partage de vidéos- pour prendre la parole et partager dans l’espace public leur expérience personnelle. Les personnes concernées peuvent vivre des situations stigmatisantes, des discriminations et la prise de parole à ce sujet n’est pas toujours évidente. Leurs troubles sont parfois source de difficultés dans leurs interactions sociales, mais les obstacles rencontrés viennent aussi de la dimension souvent taboue de ces sujets. L’objectif est donc de déterminer, avec une analyse de corpus et des entretiens semi-directifs, si leur pratique d’expression en ligne peut créer une situation d’empowerment dans ses dimensions individuelles et collectives et quelles sont les capacités qu’elle leur permet de développer.

 

« Information and news inequalities »

in Digital Media Inequalities. Policies Against Divides, Distrust and Discrimination, Nordicom, 2019, p. 215-228
Tristan Mattelart, Stylianos Papathanassopoulos et Josef Trappel, sous la direction de Josef Trappel

 Early optimistic internet evangelists addressed news and information as an area in which digital technologies would eradicate social inequality; social networks, social media and other forms of grassroots or Indymedia would establish a powerful counter-public. From today’s perspective, such digital over-optimism is no longer justified. Economic resources for news production are still unevenly distributed, and inherited patterns of unequal news coverage between central and peripheral nations still prevail. Digital technologies have rather added new layers to the existing news inequalities, in particular in the political economy of news. Digital and social forms of inequality appear to be deeply intertwined in the news realm.

 

"Paris and Nice Terrorist Attacks : Expoloring Twitter and web archives"

Media, War and Conflict, 13(2), 2019
Romain Badouard, V. Schafer et al.

The attacks suffered by France in January and November 2015, and then in the course of 2016, especially the Nice attack, provoked intense online activity both during the events and in the months that followed. The digital traces left by this reactivity and reactions to events gave rise, from the very first days and even hours after the attacks, to a ‘real-time’ institutional archiving by the National Library of France (Bibliothèque nationale de France, BnF) and the National Audio-visual Institute (Institut national de l’audiovisuel, Ina). The results amount to millions of archived tweets and URLs. This article seeks to highlight some of the most significant issues raised by these relatively unprecedented corpora, from collection to exploitation, from online stream of data to its mediation and re-composition. Indeed, web-archiving practices in times of emergency and crises are significant, almost emblematic, loci to explore the human and technical agencies, and the complex temporalities, of ‘born-digital’ heritage. The cases examined here emphasize the way these ‘emergency collections’ challenge the perimeters and the very nature of web archives as part of our digital and societal heritage, and the guiding visions of its governance and mission. Finally, the present analysis underlines the need for a careful contextualization of the design process – both of original web pages or tweets and of their archived images – and of the tools deployed to collect, retrieve and analyse them.

 

« Les gardiens de la mémoire : mobilisations et conflits d’appropriation autour de mémoriaux post-attentats à Madrid, Londres et Paris »

Ethnologie française, n°173, 2019, p. 63-75
Maëlle Bazin et Gérôme Truc

Partant de trois scènes ethnographiques, à Paris, Madrid et Londres, cet article analyse les conflits d’appropriation qui se jouent autour de mémoriaux post-attentats. Ces conflits apparaissent révélateurs d’une tension entre la mémorialisation publique d’attentats et des rapports plus personnels à ces événements, d’où émerge une figure d’acteurs particulière : celle des « gardiens de la mémoire », qui estiment devoir se mobiliser sur ces sites afin d’entretenir la mémoire des victimes.

 

 

Dossier « L’attentat, du tyrannicide au terrorisme »

Le Temps des médias, n°32, mars-avril 2019
Numéro sous la direction de Maëlle Bazin, Gilles Ferragu et Claire Sécail

Par l’attentat, le terroriste cible la destruction d’un système ou d’une figure ennemie mais vise également la médiatisation, recherche la visibilité, convoite la postérité par l’image pour atteindre son objectif politique. Les attentats qui surviennent sur le territoire d’une communauté nationale suscitent une couverture médiatique dont l’intensité, quel que soit le contexte historique, répond généralement à un besoin accru d’information de la part des publics. Des premières attaques au couteau relatés dans les chroniques antiques aux tyrannicides mis en images dans les caricatures modernes jusqu'aux récentes attaques djihadistes retransmises en direct par les chaines d’information continue, ce dossier du Temps des médias s’intéresse à la façon dont les médias se saisissent de l’attentat à différentes époques et le répercutent auprès de leurs contemporains.

 

 

 

« Les pratiques médiatiques et communicationnelles au sein des foyers issus de l’immigration, entre le local et le transnational. Retour sur une enquête »

Revue française des Sciences de l’information et de la communication, n°17, 2019
Tristan Mattelart

La littérature sur les usages des médias ou des nouveaux médias par les diasporas est devenue un lieu central pour analyser l’élaboration, à l’ère de la mondialisation, d’identités décrites comme transnationales. Cependant, en procédant de la sorte, cette littérature a tendu à mettre l’accent sur les connexions médiatisées transnationales de ces populations au détriment d’autres formes d’interactions médiatisées. Érigées en symboles de ces connexions transnationales, ces populations ont, à bien des égards, dans cette littérature sur les médias et les diasporas, cessé d’être des usagers ordinaires des médias ou des technologies de communication. En rupture par rapport à ce type de perspective, nous avons conduit une étude qualitative auprès de familles d’origine maghrébine vivant à Paris ou dans ses environs, afin d’analyser leurs usages ordinaires des médias et des technologies de communication. Tout en tenant compte des dimensions transnationales de leurs pratiques, nous avons essayé de faire en sorte de ne pas accorder à celles-ci une place telle que cela empêche de comprendre les autres dimensions de leurs expériences médiatiques les plus banales. Dans cet article, nous proposons de revenir sur cette recherche, d’expliquer comment nous l’avons conçue théoriquement et empiriquement, avant d’en exposer les principaux résultats.

 

« Ebola and Localized Blame on Social Media: Analysis of Twitter and Facebook Conversations During the 2014–2015 Ebola Epidemic »

Culture Medicine and Psychiatry, juin 2019, en ligne, 24p.
Roy M., Moreau N., Rousseau C., Mercier A., Andrew Wilson A., Atlani-Duault L.

This study aimed to analyze main groups accused on social media of causing or spreading the 2014-2016 Ebola epidemic in West Africa. In this analysis, blame is construed as a vehicle of meaning through which the lay public makes sense of an epidemic, and through which certain classes of people become "figures of blame". Data was collected from Twitter and Facebook using key word extraction, then categorized thematically. Our findings indicate an overall proximate blame tendency: blame was typically cast on "near-by" figures, namely national governments, and less so on "distant" figures, such as generalized figures of otherness ("Africans", global health authorities, global elites). Our results also suggest an evolution of online blame. In the early stage of the epidemic, blame directed at the affected populations was more prominent. However, during the peak of the outbreak, the increasingly perceived threat of inter-continental spread was accompanied by a progressively proximal blame tendency, directed at figures with whom the social media users had pre-existing biopolitical frustrations. Our study proposes that pro-active and on-going analysis of blame circulating in social media can usefully help to guide communications strategies, making them more responsive to public perceptions.

 

« Vivre le "tournant numérique". Retour sur la délinéarisation du magazine culturel Des mots de minuit »

Télévision, 2019/1 (n° 10), p. 143 à 161
Lucie Alexis

 Cet article porte sur les transformations des pratiques journalistiques du linéaire au web des professionnels de la télévision. Nous nous demandons comment un programme à l’origine télévisuel peut conserver une ligne éditoriale dès lors qu’il doit composer avec un changement de forme médiatique et ce que cela implique en termes d’évolution des pratiques journalistiques. Pour cela, nous observons la mutation de France Télévisions vers le numérique telle qu’elle est vécue par les équipes de Des mots de minuit. Nous avons réalisé deux entretiens menés conjointement avec Philippe Lefait, le journaliste-présentateur de l’émission, et Rémy Roche, le rédacteur en chef en 2014 juste avant l’intégration de la nouvelle formule sur le portail culturel de France Télévisions, Culturebox et en 2016, un an et demi après celle-ci. En même temps nous avons procédé à une analyse sémio-discursive du site. L’article met en avant l’ambivalence du rapport de l’équipe au numérique, entre appréhension et appropriation des outils nouveaux.

 

 

« L – M : LANGAGES (logorallye) / LECTURES / LEXIQUE / MÉDIATIONS HYBRIDES »,

Communication & langages, 2019/2 (n° 200), p. 177 à 194
Lucie Alexis, Étienne Candel, Yves Jeanneret, Aude Seurrat et Elsa Tadier

 

 

 

 

« Text–Image Relationships in Tweets: Shaping the Meanings of an Epidemic »

Societies, 9 (1), 2019, 12p.
Morin C., Mercier A., Atlani-Duault L.

1. Background: While many studies analyze the functions that images can fulfill during humanitarian crises or catastrophes, an understanding of how meaning is constructed in text–image relationships is lacking. This article explores how discourses are produced using different types of text–image interactions. It presents a case study focusing on a humanitarian crisis, more specifically the sexual transmission of Ebola. 2. Methods: Data were processed both quantitatively and qualitatively through a keyword-based selection. Tweets containing an image were retrieved from a database of 210,600 tweets containing the words “Ebola” and “semen”, in English and in French, over the course of 12 months. When this first selection was crossed with the imperative of focusing on a specific thematic (the sexual transmission of Ebola) and avoiding off-topic text–image relationships, it led to reducing the corpus to 182 tweets. 3. Results: The article proposes a four-category classification of text–image relationships. Theoretically, it provides original insights into how discourses are built in social media; it also highlights the semiotic significance of images in expressing an opinion or an emotion. 4. Conclusion: The results suggest that the process of signification needs to be rethought: Content enhancement and dialogism through images have a bearing on Twitter’s use as a public sphere, such as credibilization of discourses or politicization of events. This opens the way to a new, more comprehensive approach to the rhetorics of users on Twitter.

 

« Réarmer la critique sociologique du journalisme »

N° 46 de la revue Savoir/Agir, janvier 2019 
Sous la direction de Jean-Baptiste Comby et Benjamin Ferron avec les contributions de Géraud Lafarge, Samuel Bouron, Eric Darras, Julie Sedel, Marie Neihouser, Martin Baloge et Nicolas Hubé, Nicolas Kaciaf, Chupin Ivan et Pierre Mayance, Rodney Benson

En offrant un aperçu d’enquêtes récentes qui permettent de faire le point sur les structures sociales du journalisme, ce numéro souhaite réarmer la critique sociologique de ce champ. À rebours des poncifs semi-savants sur ses métamorphoses à l’ère numérique, tous les indicateurs empiriques convergent pour montrer que sa subordination aux pouvoirs économiques se poursuit et s’accélère. L’état général des rapports de force structurant le champ journalistique ne s’est donc pas transformé, mais l’hégémonie progressive du pôle commercial entraîne un double mouvement : une dépolarisation avec l’affaiblissement des pôles politiques et culturels qui pèsent moins fortement dans la distribution des positions ; une verticalisation de cette répartition des places avec une asymétrie plus forte dans les hiérarchies professionnelles, notamment dans les salaires et les positions de prestige, ainsi qu’entre le local et le national. Cette verticalisation s’opérant dans un contexte d’élévation du recrutement social de la profession, elle fournit un indice supplémentaire de la domination accrue du capital économique sur le capital culturel au sein des classes privilégiées.