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Soutenances

Équipe
Soutenances
La salle des conseils de l'université Paris 2 Panthéon-Assas
Voici les annonces des dernières soutenances de thèse et HDR

Gaël STEPHAN, soutenance le vendredi 2 décembre 2022 à 14h30

La réinformation : un monde aux frontières du journalisme

Centre Panthéon de l’Université Paris-Panthéon-Assas, en salle des Actes

Jury :

  • Gilles Bastin, Professeur, IEP de Grenoble
  • Valérie Devillard; Professeure, Université Paris-Panthéon-Assas (directrice)
  • Cécile Leconte, Maîtresse de conférences HDR, IEP de Lille
  • Tristan Mattelart, Professeur, Université Paris-Panthéon-Assas (président)
  • Franck Rebillard, Professeur, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 (rapporteur)
  • Nikos Smyrnaios, Maitre de conférences HDR, Université Toulouse-III-Paul-Sabatier (rapporteur).

Résumé : Depuis plus de dix ans maintenant se multiplient en ligne des sites et blogs brocardant les médias mainstream suspectés d’être menteurs et dissimulateurs et proposant une lecture alternative de l’actualité caractérisée par des positions ultra-conservatrices. En France, c’est sous le nom de « réinformation » que se développe cette forme singulière de médiactivisme. Ce travail propose d’étudier les mobilisations informationnelles issues de l’extrême droite française, en les appréhendant comme un monde social (Strauss, 1978). Cette approche motive l’adoption d’un dispositif d’enquête mixte, recourant à des méthodes quantitatives et qualitatives. Des entretiens conduits avec les médiactivistes permettent notamment d’éclairer les conditions de production des contre-discours sur l’actualité proposés par les acteurs de la réinformation. Conformément aux préconisations de Kristoffer Holt (2019), le plan de cette thèse articule trois niveaux d’analyse : micro, méso et macro.

Irène DESPOTIN LEFEVRE, soutenance le vendredi 25 novembre 2022 à 14h

Stratégies de communication et pratiques militantes du mouvement féministe en France au début du 21ème siècle. Étude de cas du collectif #NousToutes (2018-2021)

Université Paris-Panthéon-Assas (92 rue d’Assas, 75006 Paris), en salle 314

Jury :

  • Maxime Cervulle - Professeur en sciences de l’information et de la communication, Université Paris 8 - Vincennes Saint-Denis (Directeur)
  • Isabelle Garcin-Marrou - Professeure en sciences de l’information et de la communication, Sciences Po Lyon, ELICO (Rapporteure)
  • Josiane Jouët - Professeure émérite en sciences de l’information et de la communication, Université Paris-Panthéon-Assas
  • Virginie Julliard - Professeure en sciences de l’information et de la communication, Sorbonne Université, CELSA (Rapporteure)
  • Tristan Mattelart - Professeur en sciences de l’information et de la communication, Université Paris-Panthéon-Assas (Directeur)

Résumé : Cette thèse en sciences de l’information et de la communication porte sur les stratégies de communication des mobilisations féministes en France au début du 21ème siècle. En s’intéressant aux conditions de production et de circulation des discours en/hors ligne du collectif #NousToutes, elle interroge la manière dont la centralité communicationnelle d’une organisation participe à structurer le collectif, voire à contraindre la cause qu’il défend. Au-delà de renseigner sur les mobilisations féministes contemporaines, et sur la manière dont une organisation utilise la communication pour construire un discours féministe hégémonique sur la question des « violences sexistes et sexuelles », cette étude interroge les formes de professionnalisation du militantisme. Elle mobilise donc, outre les approches communicationnelles, les apports de la sociologie des mouvements sociaux et des organisations. Par l’étude des dispositifs de participation et des différents régimes d’engagement en ligne, il s’agit plus largement de questionner les mobilisations à l’ère du numérique. Une attention particulière est également portée à la manière dont un collectif s’inscrit dans une lutte pour la médiatisation en travaillant notamment à se constituer en source auprès des acteurs et actrices journalistiques. Pour réaliser cette étude, une approche (n)ethnographique a été réalisée comprenant une observation en ligne des plateformes numériques utilisées par le collectif (Facebook, Instagram, Twitter et WhatsApp) ; des observations participantes au sein des événements publics du collectif et d’une de ses structures locales ; ainsi que 33 entretiens semis-directifs avec des militantes.

Jaércio DA SILVA, soutenance de thèse le 29 juin 2022 à 14h

« Un concept sur la toile. Circulation et traduction à bas bruit de l’intersectionnalité »

Salle 208 du centre Assas – 92 rue d’Assas, Paris 75005

Jury :

  • Cécile Méadel, professeure, Université Paris-Panthéon-Assas (Directrice)
  • Christine Barats – Professeure, Université Paris Descartes (Rapporteure)
  • Dominique Cardon – Professeur, Sciences Po Médialab
  • Antonio Casilli – Professeur, Telecom Paris, Institut polytechnique de Paris
  • Josiane Jouët – Professeure émérite, Université Paris-Panthéon-Assas
  • Franck Rebillard – Professeur, Université Sorbonne Nouvelle (Rapporteur)

Résumé : Concept scientifique formalisé par Kimberlé Crenshaw dans les années 1990, l’intersectionnalité est devenue un sujet hybride sur le web, traversant et traversée par les frontières entre science, société et technique. En s’intéressant aux conditions de traduction et de circulation de ce phénomène, cette thèse sort l’intersectionnalité de sa position « de concept qui sert à expliquer le monde social » pour la replacer en tant qu’objet d’investigation. Ce travail est une cartographie des acteurs qui en sont porteurs, de leurs trajectoires, des points d’entrées, de circulation et de (dé)connexion de ce que je vais appeler la « cause intersectionnelle ». Dans ce cadre, les plateformes numériques offrent aux individus une surface privilégiée, sur laquelle ils vont bâtir leur édifice : rendre publiques leurs idées, se démultiplier, fédérer des alliés et organiser leurs actions. J’étudie un groupe de 34 acteurs ayant décidé de créer des médias qui se revendiquent comme inscrits dans une démarche intersectionnelle. L’intersectionnalité conduit ces individus à mettre en œuvre leur compréhension personnelle du concept dans des objets qui servent à donner forme à cette expérience (a), à se constituer en tant que source d’informations sur le sujet (b) et à construire-affirmer leur propre identité (c). En mettant un nom sur  « le problème », l’intersectionnalité devient une puissance qui amène les individus à performer, c’est-à-dire à interroger, produire, débattre, mobiliser. Indépendantes des mouvements historiquement structurés, ce sont les individus eux-mêmes qui définissent le format, les termes et posent le cadre, sans qu’un processus de participation collectif soit nécessaire. Pour prendre en compte ces différents aspects, j’ai adopté le terme de MultiMicroMédias (MMM) pour préciser que ces objets sont construits en opposition avec les opérateurs traditionnels (a) et qu’ils réclament une autonomie vis-à-vis des règles du marché (b), mais qu’ils n’aboutissent pas (ou ne souhaitent pas aboutir) à une diffusion massive (c). Cette enquête qualitative combine deux démarches méthodologiques complémentaires : de l’ethnographique (entretien, observation longue, analyse des contenus) et des outils numériques qui facilitent la délimitation du terrain et la composition du corpus (Hyphe, DMI Instagram Scraper, YouTube Data Tools, Go Full Page). Les analyses sont ainsi basées sur un corpus composé de quatre matériaux : les textes de présentation des 189 comptes, profils et pages (biographie, à propos, manifestes), les indicateurs de performance (nombre de vues, de mentions j’aime, d’abonnés, de publications), 23 entretiens semi-directifs avec 25 acteurs du terrain et les annotations personnelles portant sur des observations en et hors ligne (transmission en direct, ateliers, festival, journées d’étude) des quatre dernières années.

Catherine GABER, soutenance de thèse le 17 décembre 2021 à 15h

Les réceptions des messages politiques télévisés dans un quartier marginalisé. Le cas des chiffonniers du Caire (2016 – 2019)

Salle Collinet - Sainte Barbe - 3ème étage - 4, rue Valette 75005 PARIS

Jury :

  • Jean-Baptiste LEGAVRE, professeur des universités (université Panthéon-Assas), directeur de thèse
  • Nicolas HUBÉ, professeur des universités (université de Lorraine), rapporteur
  • Sylvie THIEBLEMONT-DOLLET, professeur des universités (université de Lorraine), rapporteur
  • Rémy RIEFFEL, professeur des universités (université Panthéon-Assas)

Résumé : Cette étude vise à analyser les usages de la télévision dans un quartier marginalisé. La majorité des études en réception s’est focalisée sur la question des effets des médias sur les citoyens ordinaires, les classes populaires ou les classes moyennes. Rares sont les études qui se sont intéressées à ceux qui n’existent pas sur la scène médiatique et qui sont, en même temps, visés par Des politiques publiques bien médiatisées. Notre question essentielle est de comprendre comment les enquêtés (les chiffonniers du Caire (Zabbalins)) ont reçu les messages politiques télévisés qui les concernent, quelles ont été leurs réactions et avec quels effets.
Les Zabbalins sont un groupe de personnes constituant une corporation autour d’une profession et vivant ensemble dans un quartier informel au Caire. Ils exercent l’activité économique du traitement artisanal des déchets. Elle est basée sur le ramassage des ordures, leur tri et leur recyclage. La communauté des Zabbalins, en général, est une communauté stigmatisée et marginalisée qui vit dans la précarité sociale et économique depuis plusieurs décennies.
Notre problématique essentielle est de découvrir quel genre d’actions et d’interactions sociales existe-t-il au sein du quartier des Zabbalins autour des messages télévisés qui les concernent. Il s’agit donc d’étudier le processus de communication télévisuel en étudiant les Zabbalins dans leur environnement collectif.

Rachidatou YESSOUFOU, soutenance de thèse le 15 décembre 2021 à 10h30

Quelle stratégie de communication en matière de politique nationale de santé dans les pays de l'Afrique de l'Ouest francophone : cas spécial du Bénin

Salle des Actes - Centre Panthéon (esc. J, 3è étage) - 12 place du Panthéon, 75005 PARIS

Jury :

  • Francis BALLE, professeur émérite d'université (université Panthéon-Assas), directeur de thèse
  • Jean-Marie COTTERET, professeur émérite d'université (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), rapporteur
  • Bernard VALADE, professeur émérite d'université (université de Paris), rapporteur
  • Artan FUGA , professeur (université de Tirana, Albanie)

Résumé : Des stratégies de communication sont déployées pour mettre en œuvre des projets, programmes de santé et au sein des radios afin de sensibiliser les populations du Bénin sur le VIH/Sida, Paludisme, Lèpre. Malgré ces efforts, l’impact des actions de communication reste limité au regard des ambitions des pouvoirs publics dans l’éradication de ces maladies.
Il s’agit d’analyser dans quelles conditions se font les émissions radiophoniques en matière de santé, comment les populations s’approprient les messages pour un bon usage.  L’analyse des grilles de programmes de radios cibles a permis d’évaluer la place des questions de santé dans celles-ci. L’enquête menée auprès des radios et d’un échantillon d’individus vivant en zone rurale, semi-rurale et urbaine a permis de collecter des données qualitatives à l’aide de guide d’entretien et de questionnaire. Elles sont traitées au moyen d’interprétation textuelle et d’étude de réception. Notre étude montre que la médiatisation des questions de santé à la radio s’effectue régulièrement sans qu’il y ait forcément une corrélation avec les actions de communication des priorités nationales. Grâce aux messages diffusés, les populations s’approprient les messages de santé. Les entretiens semi-directifs révèlent l’importance du rôle des interviewés dans la médiatisation des questions de santé.
Pour éviter sous-information et désinformation des auditeurs et accroître leurs connaissances des maladies, il est souhaitable de renforcer la formation des chargés d’émissions de santé. Le traitement de ces questions par téléphone, les réseaux sociaux, internet renforcerait le rôle de la radio et améliorerait son impact sur les indicateurs de santé.

Inna BIEI, soutenance de thèse le 13 décembre 2021 à 14h30

La nouvelle Russie de Vladimir Poutine et ses dissidents. Le réseau d’exilés anti-Poutine en France (2012-2017)

Salle Collinet – Centre Sainte Barbe - 3ème étage - 4, rue Valette 75005 PARIS

Jury :

  • Valérie DEVILLARD, professeur des universités (université Panthéon-Assas), directeur de thèse
  • Ilya KIRIYA, professeur (University Higher School of Economics, Moscou, Russie), rapporteur
  • Olivier STANDAERT, professeur (université catholique de Louvain, Belgique), rapporteur
  • Fabrice D'ALMEIDA, professeur des universités (université Panthéon-Assas)
  • Dominique MARCHETTI, directeur de recherche (CNRS)

Résumé : Ce travail doctoral est consacré à l’analyse du discours de la « haine », ainsi que des politiques de la « peur », qui sont au cœur du régime de Vladimir Poutine depuis sa réélection en 2012. Ces politiques de répression et de propagande, qui ont pour objectif de répondre aux défis de la crise économique et politique, ainsi qu’à la fragmentation sociale profonde que traverse la Russie, sont également susceptibles de mettre en place un projet politique multiforme de société, seul capable, d’après Poutine, de « fédérer » le pays et de pérenniser son régime.  
Ce travail doctoral s’inscrit dans une démarche d’une recherche interdisciplinaire et a pour objectif de croiser les regards scientifiques dans les domaines des sciences politiques et sociales, celles de l’information et de la communication, ou encore de l’histoire, afin de rendre compte du phénomène global de l’émergence de la pensée d’extrême droite dans le discours officiel du régime russe, et d’en aborder également les dimensions sociopolitiques. Enfin, notre analyse se construit autour des débuts de la nouvelle vague de l’exode des dissidents russes, qui témoigne de l’entrée de la Russie contemporaine dans un cycle répressif sans précèdent lors du retour de Vladimir Poutine au pouvoir en 2012.

Asma ABDELKERIM, soutenance de thèse le 10 décembre 2021

Analyse des discours sur la crise syrienne dans les médias pro et anti-régime en Syrie et au Liban : médias alternatifs

Salle des Actes - Centre Panthéon (Esc. J, 3è étage) - 12 place du Panthéon, 75005 PARIS

Jury:

  • Arnaud MERCIER, professeur des universités (université Panthéon-Assas), directeur de thèse
  • Eric DACHEUX, professeur des universités (université de Clermont-Auvergne), rapporteur
  • Tourya GUAAYBESS, maître de conférences HDR (MCF université de Lorraine), rapporteur
  • Sobhi BOUSTANI, professeur des universités (INALCO)

Résumé : L’émergence d’une presse alternative dans le paysage médiatique syrien grabataire fut une révolution en soi. Par le truchement de 12 thèmes et évènements qui ont jalonné la crise syrienne, dès son déclenchement en 2011 et jusqu’à son cinquième anniversaire en 2016, ce travail de recherche part à la quête de la frontière entre journalisme et militantisme dans ce contexte bien particulier de conflit et ce en interrogeant les pratiques et le contenu produit par les journalistes syriens en herbe, tout en faisant appel, le cas échéant aux pratiques et contenus des journalistes libanais chevronnés. En toile de fond, cette relation singulière entre deux pays frères-ennemis au destin fortement imbriqué : un Liban en proie aux clivages communautaires définis par une ligne de démarcation : le rapport des partis politiques libanais au régime syrien des Assad, et une Syrie, théâtre du conflit où des partis dits libanais prennent part au combat armé sur le terrain. Afin de peaufiner le tableau, on remonte à la genèse des médias en Syrie et au Liban, et on aborde cette question cruciale de l’éthique du journalisme fortement liée au financement des médias alternatifs par les ONG internationales.


Abdelfettah BENCHENNA, soutenance de HDR le 10 décembre à 15h

Les rapports Nord/Sud au prisme des technologies de l'information et de la communication : contribution à l'économie politique critique

Salle des commissions - Institut de droit comparé - 28 rue Saint-Guillaume 75007 PARIS

Jury :

  • Tristan MATTELART, professeur des iniversités (université Panthéon-Assas), directeur de recherche
  • Isabelle PAILLIART, professeur émérite (université Grenoble Alpes), rapporteur
  • Gado ALZOUMA, professeur (American University of Nigeria, Yola, Nigeria), rapporteur
  • Nikos SMYRNAIOS, maître de conférences HDR (IUT A de l’université Toulouse 3), rapporteur
  • Ahmed HIDASS, professeur (Institut supérieur d’information et communication, Rabat, Maroc)
  • Oumar KANE, professeur (université du Québec à Montréal)

Structuré autour de sept chapitres, le premier volume s’intitule : Les rapports Nord/Sud au prisme des technologies de l’information et de la communication. Contribution à l’économie politique critique de la communication
Dans ce travail, l’auteur défend la nécessité de recourir au temps long pour comprendre l’état actuel de l’intégration des TIC dans les pays du Sud. Il propose également de réinterroger les rapports entre les pays du Nord et les pays du Sud au prisme des technologies de l’information et de la communication. Plus précisément, il tente de développer une hypothèse de travail selon laquelle les TIC seraient porteuses de formes de domination entre les pays du Nord et les pays du Sud. Pour cela, il s’appuie sur quatre terrains marocains : la numérisation de l’enseignement supérieur ; l’administration électronique ; le rôle de l’économie informelle dans la diffusion des TIC et des biens culturels numérisés et les délocalisations des centres d’appel.
Le second volume, composé de quatre chapitres et un curriculum vitae académique détaillé, porte sur une présentation réflexive de son parcours de recherche et d’enseignement.

Marie-Eva LESAUNIER, soutenance de thèse le 29 octobre 2021

Les conditions de production du documentaire de création en France. Enjeux d’une mobilisation professionnelle.

Jury :

  • Valérie DEVILLARD, professeure des universités (université Panthéon-Assas), Directrice de thèse
  • Chloé DELAPORTE, maîtresse de conférences HDR (Université Paul Valéry, Montpellier 3), rapporteure
  • Kira KITSOPANIDOU, professeure des universités (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3), rapporteure
  • Samuel GANTIER, maître de conférences (Université Polytechnique des Hauts-de-France)
  • Tristan MATTELART, professeur des universités (université Panthéon-Assas).

Résumé : La thèse porte sur les professionnels du documentaire de création. Ceux-ci revendiquent d’une part une forte dimension artistique, refusant tout formatage, notamment de la part des chaînes des télévisions, premiers financeurs et diffuseurs des documentaires. D’autre part, ces films porteraient une dimension politique, en appelant à l’intelligence du spectateur et favorisant une ouverture sur le monde social. À travers des entretiens et de l’observation, le terrain est centré sur les producteurs, les réalisateurs et les diffuseurs. La question est de savoir comment et pourquoi ces professionnels défendent leurs pratiques et les conditions de réalisation de leurs œuvres, vis-à-vis des moyens de production et des possibilités de diffusion. Deux grands axes structurent la thèse. D’une part, on étudie une mobilisation des professionnels de ce sous-champ du documentaire ayant eu lieu en 2015, entrant en confrontation avec les institutions régulatrices, en particulier le CNC. Cela permet de voir en quoi ces professionnels forment un « monde social ». Ces confrontations rendent en effet visible une certaine homogénéité d’un groupe pourtant pluriel. D’autre part, on s’intéresse aux pratiques quotidiennes et aux stratégies déployées compte tenu du contexte de production des films. On constate des positionnements allant du compromis vis-à-vis des normes attendues incarnées dans les lignes éditoriales des chaînes de télévisions à la rupture franche avec ces dernières. Il transparaît une volonté de réaffirmer une certaine autonomie, en renonçant à coopérer avec les acteurs hégémoniques et/ou en construisant des alternatives qui investissent notamment les plateformes numériques.

Guillaume SIRE, soutenance d'HDR, 18 octobre 2021

Le dernier refuge. Essai sur la standardisation du livre numérique

Jury :

  • Madame Cécile MEADEL, professeur des universités (université Panthéon-Assas), directeur de recherche
  • Madame Ghislaine CHARTRON, professeur des universités (CNAM), rapporteur
  • Monsieur Sylvain PARASIE, professeur des universités (Sciences Po), rapporteur
  • Madame Valérie SCHAFER, professeur (université du Luxembourg), rapporteur
  • Monsieur Rémy RIEFFEL, professeur des universités (université Panthéon-Assas)
  • Monsieur Nikos SMYRNAIOS, maître de conférences habilité à diriger des recherches (université Toulouse 3)

Résumé : Un livre peut-il être numérique sans aussitôt cesser d’être un livre ? Pour répondre, il s’agira de comparer systématiquement les caractéristiques du livre imprimé à celles du livre numérique, et de prêter une attention particulière aux standards sur lesquels reposent la production et la mise en circulation de ces deux types de support. Je reviendrai également sur la fusion opérée en 2017 entre l’arène de standardisation des livres numériques, International Digital Publishing Forum, instituée par les acteurs historiques du monde de l’édition, et le World Wide Web Consortium, créé et administré par des informaticiens. En décrivant les lignes de fracture et certaines compromissions effectuées de part et d’autre, je montrerai comment « le livre », dont il n’existe aucune définition exhaustive, a été traduit dans un écosystème qui, à des fins d’interopérabilité, exige que les notions soient définies sans ambigüité. Enfin j’expliquerai pourquoi il me semble que « le livre » est une notion instable par nature, négociable, qu’il faut laisser fuir si nous voulons qu’il demeure ce que l’écrivain André Suarès appelait «le dernier refuge de l’homme libre».

Guillaume CAMPREDON, soutenance de thèse le 13 octobre 2021

Pour une théorie du signe augmenté, sémiotiques du monstre en société. Les trajectoires médiatiques et politiques de la franchise et du signe Pokémon
 
Jury :

  • Mélanie BOURDAA, maîtresse de conférences, université Bordeaux 3, rapporteure
  • Katharina NIEMEYER, professeure, université du Québec à Montréal, rapporteure
  • Julia BONACCORSI, professeure des universités, université Lumière Lyon 2
  • Hélène LAURICHESSE, professeure des universités, École Nationale Supérieure d’Audiovisuel de Toulouse
  • Philippe GONZALEZ, maître d’enseignement et de recherche, université de Lausanne
  • Frédéric LAMBERT, professeur des universités, université Panthéon-Assas, directeur de thèse

Résumé de la thèse : Nos sociétés contemporaines voient les signes échapper à toute règle : ils se citent, circulent, agrègent des contenus ou en perdent, sont décontextualisés à l’envi et forcent le récepteur attentif à les interroger dans la pluralité de leurs sources, erratiques et fluides, pour reprendre les mots de Georges Didi-Huberman. C’est donc autour de cette entité sémiotique, de ce réservoir informationnel et communicationnel commun à nos sociétés, le signe, que gravite notre démarche problématique. Une démarche qui questionne les conditions de félicité d’un signe contemporain qualifié d’augmenté, et tente une cartographie de ses trajectoires rhizomiques. Formidable prétexte sémiotique, le signe Pokémon se prête à l’analyse du signe augmenté : populaire, visible et viral c’est un signe qui se joue dans une diversité de territoires médiatiques et politiques et offre la possibilité d’en étudier les principaux mécanismes. La thèse se partage en deux temps : celui de l’étude du signe dans l’espace du dispositif de sa franchise médiatique et industrielle, puis, lorsqu’il quitte ce dispositif, celui de son agencement dans un infinité de devenirs possibles, dont ceux de la science, du militantisme, de l’esthétique et de la communication politique. À travers la critique de la vie triviale du signe Pokémon, se dessine la définition du signe contemporain augmenté et d’une sémiotique à même de s’en saisir.

Victoria LAURENT, soutenance de thèse 8 octobre 2021 à 14h dans la Salle des Actes (centre Panthéon)

« Les citoyens auteurs de la loi » : la consultation en ligne République numérique, une étude des médiations à l’œuvre dans le processus de construction de la loi

Jury :

  • Romain BADOUARD, maître de conférences (université Panthéon-Assas), co-encadrant
  • Cécile MEADEL, professeur des universités (université Panthéon-Assas), directeur de thèse
  • Philippe BOUQUILLION, professeur des universités (université Sorbonne Paris Nord), rapporteur
  • Laurence MONNOYER-SMITH, professeur des universités (université de technologie de Compiègne), rapporteur
  • Clément MABI, maître de conférences (université de Technologie de Compiègne)
  • Arnaud MERCIER, professeur des Universités (université Panthéon-Assas)

Résumé de la thèse : Le 26 septembre 2015, Manuel Valls et Axelle Lemaire, secrétaire d’État au numérique lancent une consultation participative en ligne à destination des citoyens baptisée « République numérique ». Ces dernières années, l’ouverture de l’espace public et la stratégie de « gouvernement ouvert et transparent », instaurées par les politiques publiques, légitiment le questionnement sur les dynamiques contributives et participatives citoyennes qui permettraient de revitaliser la démocratie représentative s’exprimant grâce aux spécificités techniques du Web et favorisant l’émergence de nouveaux modèles de médiation. Cette thèse vise à étudier à travers l’exemple de la consultation République numérique la conception de ce type de dispositif technique numérique comme outil de médiation politique dans la construction d’un avant-projet de loi en mobilisant une analyse de terrain et de données ainsi que des travaux en SIC en STS et en sciences politiques qui interrogent le choix de l’outil technique dans sa capacité à encadrer le débat politique. L’objectif de ces travaux est d’étudier à la fois la conception de ces dispositifs numériques, leurs usages par des publics et la manière dont ils viennent ou non transformer les relations entre les acteurs politiques au travers du bouleversement qu’a initié cette consultation dans la création de la loi. Nous montrons ainsi que si les outils de médiations politiques consultatifs en ligne ont été si souvent décriés par leurs retombées sur la décision, la spécificité de celui-ci a participé à renouveler partiellement les pratiques politiques en ligne traditionnellement à l’œuvre dans le processus de construction d’une loi ouvrant le champ des « possibles ».

Frédérick BIGRAT, soutenance de thèse le 16 septembre 2021 dans la salle des Thèses de la Sorbonne (Amphithéâtre LIARD)

Conception de MOOC en France entre 2012 et 2020 : influence sur les pratiques pédagogiques des enseignants-chercheurs impliqués dans leur réalisation

Jury :

  • Madame Cécile MÉADEL, professeur des universités, directrice de thèse
  • Madame Anne BESSON, professeur des universités (université d'Artois)
  • Monsieur Bernard ETLICHER, directeur de recherche au CNRS
  • Madame Catherine MONGENET, professeur des universités (université de Strasbourg), présidente du jury

Résumé : Nous trouvons dans la littérature de nombreux témoignages d’enseignants-chercheurs qui affirment que la participation à la conception d’un MOOC a fait évoluer leurs pratiques pédagogiques. Au-delà des effets d’annonces qui ont entouré l’apparition de cette nouvelle technologie au début des années 2012 en France, nous avons voulu comprendre si cette influence était vraiment réelle, ou si elle résultait de la conjoncture d’autres facteurs tels que l’évolution naturelle des pratiques d’enseignements, ou la démocratisation des nouveaux usages numériques dans notre société.

Xifei WANG, soutenance de thèse le 2 juin 2021 dans la Salle des Actes du centre Panthéon

La place de la presse traditionnelle chinoise dans l’espace public à l’ère numérique - le cas du quotidien régional Shenyang Ribao

Jury :

  • Monsieur Francis BALLE, professeur émérite d'université (université Panthéon-Assas), directeur de thèse
  • Monsieur Jean-Marie COTTERET, professeur émérite d'université (université Paris 1)
  • Monsieur Bernard VALADE, professeur émérite d'université (université de Paris)
  • Monsieur Artan FUGA, professeur (université de Tirana)

Résumé : Il existe en République populaire de Chine un espace public au sens de Bernard Miège, lieu où sont débattus les problèmes sociétaux et où peut être critiquée l’action publique. La presse en était, depuis les années 1980, le principal médiateur, voire le seul acteur faisant le lien entre l’opinion publique et le pouvoir politique. Cependant, ce monopole a été remis en cause dès 2000, par l’irruption dans cette sphère publique de nouveaux médias, nés d’Internet, permettant une expression plus directe de l’opinion publique. Avec l’arrivée de cette réintermédiation, la presse écrite s’est adaptée en adoptant de nouveaux outils et en s’invitant sur les weibo, les boutiques d’applications mobiles et les autres réseaux sociaux. On parle de convergence des médias. Pourtant, les nouveaux modèles développés par les médias traditionnels sont fragiles et, en se fondant plus sur la recherche des profits que sur la recherche de la vérité des faits, la presse tend à s’éloigner de ce rôle de divulgation des problèmes sociétaux. Et cela d’autant plus que si l’État, par la mise en œuvre de moyens de contrôle de l’information sur Internet, peut sembler en faveur de la presse, sa stratégie d’orientation de l’opinion, qui privilégie les plateformes internet en concurrence avec les médias traditionnels, ferme la porte à un retour en force du journal papier comme médiateur dans l’espace public. Ces transformations, qui redéfinissent la place de la presse dans l’espace public, sont analysées à travers le prisme d’études développées par des auteurs français pour la presse française, et s’appliquent au quotidien régional du nord-est de la Chine, Shenyang Ribao, qui depuis sa naissance en 1949 fut tantôt précurseur, tantôt spectateur impuissant de ces évolutions.

Ting Hsuan TSENG, soutenance de thèse le 15 mars 2021 dans la salle des fêtes du centre Panthéon

Les politiques multiculturelles et les médias destinés aux nouveaux immigrés à Taïwan : les limites du volontarisme public et le dynamisme de la société civile

Jury :

  • Tristan MATTELART, professeur des universités (université Panthéon-Assas), directeur de thèse
  • Maxime CERVULLE, maître de conférences habilité à diriger des recherches (université Paris 8 Vincennes Saint-Denis), rapporteur
  • Milena DOYTCHEVA, maître de conférences habilité à diriger des recherches (université de Lille), rapporteur
  • Jui-Hua CHEN, Assistant Professor (National Tsing Hua University)
  • Stéphane CORCUFF, maître de conférences (Institut d'études politiques de Lyon)
  • Valérie DEVILLARD, professeur des universités (université Panthéon-Assas)

Résumé : Cette recherche porte sur la dernière vague d’immigration arrivant à partir des années 1980 à Taïwan : les immigrées matrimoniales en provenance de Chine et d’Asie du Sud-Est, ainsi que les travailleurs migrants en provenance des pays du Sud-Est asiatique. Elle étudie l’évolution des dispositifs étatiques et des initiatives collectives visant à améliorer l’accès/la représentation/la participation de ces nouveaux immigrés dans la sphère publique.
Ce travail se développe autour du concept de « multiculturalisme ». Le terme se trouve, sous trois présidents consécutifs de Taïwan — Lee TENG-HUI (1988-2000), Chen SHUI-BIAN (2000-2008) et Ma YING-JEOU (2008-2012) —, au cœur des politiques socio-culturelles touchant les ethnies minoritaires.
À travers des analyses de corpus et de contenu, mais aussi des observations participantes et 21 entretiens effectués sur le terrain, ce travail vise, premièrement, à analyser comment les rhétoriques du multiculturalisme ont été déployées dans l’élaboration des politiques pour traiter les rapports interethniques, voire géopolitiques ; deuxièmement, à démontrer comment ces politiques se sont traduites à travers des mesures facilitant l’accès à l’information, la participation et le droit de communiquer de la population visée ; troisièmement, à examiner des initiatives lancées par la société civile afin, d’une part, de compenser l’inefficacité du secteur public et, d’autre part, d’élever le poids et la parole de cette population au sein de la sphère publique. Enfin, cette thèse s’intéresse également au dynamisme du dialogue entre l’État et la société civile au travers de mouvements sociaux, de plaidoyers, d’événements culturels et de productions médiatiques.

Sophie JEHEL, soutenance d'habilitaiton à diriger des recherches, mardi 12 janvier à 15h, salle des conseils du centre Panthéon

Politiques émotionnelles des médias, pratiques numériques des jeunes, enjeux de régulation et d'éducation

Jury :

  • Rémy RIEFFEL, professeur des universités (université Panthéon-Assas), directeur de thèse
  • Philippe BOUQUILLION, professeur des universités (université Sorbonne Paris Nord), rapporteur
  • Cécile MÉADEL, professeur des universités (université Panthéon-Assas), rapporteur
  • Serge PROULX, professeur titulaire (université du Québec à Montréal), rapporteur
  • Marlène COULOMB-GULLY, professeur des universités (université Toulouse 2 Jean Jaurès)
  • Alexandra SAEMMER, professeur des universités (Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis)

Hye Min LEE, soutenance de thèse, vendredi 8 janvier à 14h30

Le traitement médiatique des élections présidentielles sud-coréennes
 de 2012 et 2017 dans la presse quotidienne coréenne

Jury :

  • Monsieur Rémy RIEFFEL, professeur des universités (université Panthéon-Assas), directeur de thèse
  • Monsieur Nicolas HUBÉ, professeur des universités (université de Lorraine), rapporteur
  • Madame Marie-Christine LIPANI, maître de conférences habilité à diriger des recherches (université Bordeaux Montaigne), rapporteur
  • Madame Justine GUICHARD, maître de conférences (université de Paris)
  • Monsieur Jean-Baptiste LEGAVRE, professeur des universités (université Panthéon-Assas)

Résumé : La destitution de la 18e présidente sud-coréenne, Park GEUN-HYE, le 10 mars 2017 est un évènement majeur de l’histoire politique coréenne, notamment en raison de l’ampleur de la mobilisation des citoyens (les « manifestations des bougies » ont réuni, de fin octobre à mars 2017 un total de 16,6 millions de personnes). Les médias ont été à l’origine de cette contestation en révélant les actes de fraude et d’abus de pouvoir commis par l’ancienne Présidente. Ils ont ainsi contribué à protéger le système démocratique, ce qui démontre une corrélation forte entre la démocratie et les médias. Face à cette relation importante entre la politique et les médias, se pose la question suivante : le développement de la démocratie s'accompagne-t-il de changements dans le traitement médiatique ? Pour répondre à cette question, nous avons analysé le traitement médiatique des élections présidentielles sud-coréennes de 2012 et 2017 et vérifié s’il y a bien des différences de traitement médiatique entre ces deux élections présidentielles et, le cas échéant, de quelle manière le traitement médiatique a évolué. Cette étude sera composée de deux parties :
I. Une analyse du traitement médiatique des candidats dans laquelle nous avons analysé les articles mentionnant les candidats et comparé les différences de traitement médiatique entre eux et entre les deux élections.
II. Une analyse de la répartition entre le jeu et les enjeux dans laquelle nous avons analysé les articles selon leur catégorie, les articles consacrés aux programmes des candidats ainsi que les articles consacrés au « fact checking ».

Zhe LAI, soutenance de thèse le 17 décembre 2020 à 9h30

Les diplomates et les médias, en France et en Chine, de 1964 à nos jours : approche théorique et pratique

Jury :

  • Monsieur Fabrice D'ALMEIDA, professeur des universités (université Panthéon-Assas), directeur de thèse
  • Monsieur Gilles FERRAGU, maître de conférences habilité à diriger des recherches (université Paris Nanterre), rapporteur
  • Monsieur Arnaud RICHARD, maître de conférences habilité à diriger des recherches (université Montpellier 3), rapporteur
  • Madame Valérie DEVILLARD, professeur des universités (université Panthéon-Assas)
  • Monsieur Tian GONG, chercheur (université de Pékin)
  • Monsieur Chang LIU, professeur (université de Shantou)

Résumé : Le début de cette thèse vise à analyser l’influence de Socrate et de Guiguzi sur la diplomatie en France et en Chine. Guiguzi était un grand stratège diplomatique de la période des Royaumes combattants en Chine, son traité Guiguzi est traduit ici dans la première partie. Deux concepts principaux qu’on extrait en combinant les philosophies orientales et occidentales sont introduits : le Li et le Shu. Le Li (理), la « vérité », ou la logique ; le Shu (术), les « méthodes », ou les stratégies. Nous supposons que la théorie occidentale-socratique met davantage l’accent sur le Li et la théorie orientale-Guiguzi sur le Shu.
Comme problématique, dans le domaine de la diplomatie entre la République populaire de Chine et la Cinquième République française, cette différence théorique entre Socrate et Guiguzi sur le Li et le Shu a-t-elle encore un impact ?
Cette thèse est divisée en trois parties, la première partie sur les théories et la présentation de l’hypothèse, la deuxième sur les arguments, la troisième sur les usages. Dans les deuxième et troisième parties, nous utilisons les discours de diplomates rapportés par les médias et les reportages du Quotidien du Peuple et du Monde sur les relations sino-françaises de 1964 à nos jours, etc., comme supports d’arguments et d’usages.
Enfin, en analysant les différences entre la Chine et la France dans le domaine de la diplomatie de cette nouvelle ère, on essaye d’explorer comment on peut mieux comprendre les caractéristiques et les principes diplomatiques de la Chine et de la France, et sur cette base utiliser une nouvelle perspective pour regarder et analyser les questions diplomatiques concernant la Chine et la France.

Stefanos PNEVMATIKOS, soutenance de thèse, le 16 décembre 2020 à 9h30

Analyse comparée des représentations médiatiques de la germanité au sein de l’espace européen au cours de la crise grecque

Jury :

  • Madame Valérie DEVILLARD, professeur des universités (université Panthéon-Assas), directeur de thèse
  • Madame Marie-France CHAMBAT-HOUILLON, maître de conférences habilité à diriger des recherches (université Sorbonne Nouvelle), rapporteur
  • Madame Angeliki MONNIER, professeur des universités (université de Lorraine), rapporteur
  • Monsieur Fabrice D'ALMEIDA, professeur des universités (université Panthéon-Assas)
  • Madame Loúka KATSÉLI, docteur en économie de l'université de Princeton

Résumé : Depuis le 23 avril 2010, date à laquelle les Grecs ont appris, en direct à la télévision par leur Premier ministre, que leur pays était au bord de la faillite, le terme de « crise grecque » a fait florès dans les médias, qu’ils soient grecs ou internationaux. C’est ainsi que les débats médiatiques se sont succédé au sujet de cette prétendue « crise grecque ». N’imaginant pas ce que cette crise recèle pour eux, les Grecs voient que, d’un jour à l’autre, les médias du monde entier parlent d’eux et de la faillite ante portas de leur pays. La Grèce s’est vue dicter par les instances européennes d’innombrables mesures d’austérité pour la conformer aux normes budgétaires et financières de l’Union. Or, derrière ces diktats, chacun voyait la volonté allemande d’imposer un ordre économique et c’est ainsi qu’a surgi la figure d’une Allemagne toute-puissante. Celle-ci, amplement diffusée par les médias, a été perçue encore plus fortement dans l’imaginaire politique des Grecs. La prégnance de cette figure chez les Grecs s’ancre dans les représentations passées de la germanité auxquelles se sont jointes des figures historiques renouvelées. Ces représentations du passé constituent le substrat sur lequel notre analyse s’appuie, afin, d’une part, d’explorer les représentations médiatiques de la germanité au cours de la crise grecque, et, d’autre part, de faire apparaître son expression actuelle au sein de l’Union européenne. Cette représentation renouvelée de la germanité diffère sans doute d’un peuple à l’autre, selon les particularités de son histoire et de ses relations antérieures avec l’Allemagne. L’objectif final de notre recherche est de procéder au décryptage des représentations de la germanité forgées dans l’esprit des Grecs lors de la période de la crise en les articulant toujours avec celles du passé.

Sophie NOËL, soutenance d'habilitation à diriger des recherches, le 16 décembre 2020 à 9h

En plus du recueil de publications, le dossier d'habilitation est composé de deux mémoires :

  • Un mémoire original : « Les reconfigurations de la médiation en librairie face aux acteurs du numérique. L'indépendance comme identité et comme pratique dans le secteur du livre».
  • Un mémoire de synthèse : « L'indépendance dans la filière du livre. De l'édition critique aux librairies : un parcours de recherche ».

Jury :

  • Laurent CRETON, professeur des universités, université Paris 3
  • Mme Christine DÉTREZ, professeure des universités, ENS Lyon, rapporteure
  • M. Tristan MATTELART, professeur des universités, université Panthéon-Assas, garant
  • M. Rémy RIEFFEL, professeur des universités, université Panthéon-Assas, rapporteur
  • Mme Patricia SOREL, maîtresse de conférences HDR, université Paris Nanterre, rapporteure
  • Mme Claire SQUIRES, professeur, université de Stirling

Résumé : Le mémoire original est une contribution aux recherches sur les transformations de la médiation dans les industries culturelles à partir du cas des librairies indépendantes en France et en Grande-Bretagne, dont l'activité a été particulièrement affectée par l'arrivée des nouveaux acteurs d'Internet, au premier rang desquels Amazon. Confrontés à la forte concurrence de la vente et de la recommandation de livres en ligne, les libraires indépendants ont intensifié leurs activités de médiation, mettant l'accent sur la sélection et la hiérarchisation, ainsi que sur la singularité de l'expérience physique en magasin. Ce recentrage sur la prescription en librairie, dont le rôle social et culturel est valorisé, doit une grande part de sa réussite à la mise en avant d'une identité « indépendante » qui contribue à redessiner les positions à l'aval de la filière du livre.
L'indépendance sur le plan capitalistique, gestionnaire, et surtout intellectuel est en effet devenue un argument cristallisant un certain nombre de vertus - singularité, authenticité, proximité, diversité de l'offre, maintien du lien social… - permettant aux libraires de se positionner comme acteurs culturels polyvalents, et de solliciter des aides publiques. De ce fait, et en dépit de conditions économiques qui demeurent difficiles, la librairie indépendante à forte composante culturelle est devenue l'une des incarnations les plus porteuses du commerce de détail de livres, générant des attentes sociales fortes.

Flore Di Sciullo
, soutenance de thèse le 7 décembre 2020, 15h


Art Press, une archive du contemporain. Histoire et sémiotique d’un périodique dans le champ élargi de l’art

Jury : 

  • Frédéric LAMBERT, professeur, université Panthéon-Assas (CARISM), directeur de thèse

  • Gwen ALLEN, Professor, San Francisco School of Arts

  • Anne BEYAERT-GESLIN, professeur, université Bordeaux 3 (MICA)

  • Laurent MARTIN, professeur, université Paris 3 (ICEE)

  • Erik VERHAGEN, professeur, université Polytechnique des Hauts-de-France (DeScripto)
  • Adeline WRONA, professeur, université Paris 4 (CELSA/GRIPIC)

Résumé : 
Née en 1972, la revue Art Press s’est développée dans le contexte du développement de l’art dit « contemporain ». Prenant le parti d’une approche monographique du périodique, cette recherche choisit d’articuler l’interdisciplinarité des sciences de l’information et de la communication et l’histoire de l’art pour mieux rendre compte des enjeux attachés à cette expérience éditoriale singulière. Elle s’appuie sur des choix de corpus opérés à partir de l’ensemble des numéros parus, des archives de la revue et d’entretiens avec ses principaux contributeurs. Le parcours chronologique établi entre 1972 et 2018 éclaire les façons dont art press vise, pour se distinguer des autres périodiques artistiques, à performer le contemporain, et comment cette construction discursive passe par une ambition de « faire archive ». Une analyse sémiotique des couvertures et de la maquette graphique révèle la fabrique visuelle de l’engagement critique qui caractérise la revue. Cet engagement, confronté aux contraintes économiques inhérentes à la presse artistique, doit être envisagé dans le champ élargi où il se situe. Une analyse des éditoriaux et des courriers de lecteurs laisse enfin apparaître les différentes manières dont art press tisse son autorité dans les arènes médiatiques pour faire de l’art contemporain un problème public, se saisissant à cette fin de la scène conflictuelle que constitue la censure. Nous souhaitons ainsi mettre en lumière ce qui permet à la revue de faire sens au sein de notre société, et de construire l’art contemporain comme espace d’interrogation du politique.
 


Mots-clés : art press, périodique artistique, presse magazine, art contemporain, histoire contemporaine, archive, institution culturelle, critique d’art, censure, problème public, sémiotique


Blandine Rousselin, soutenance de thèse le 24 novembre 2020 à 14h30

« Rester en vie dans un monde fou », la mise en récit des troubles sur le web 



Jury : 


  • Lise DEMAILLY, professeur émérite, université de Lille (rapporteur)

  • Antonio CASILLI, professeur, Telecom Paris, Institut polytechnique de Paris (rapporteur)

  • Marc LORIOL, chargé de recherche CNRS, HDR
  • 
Josiane JOUËT, professeur émérite, université Panthéon Assas

  • Aude CARIA, directrice du Psycom
  • 
Cécile MÉADEL, professeur, université Panthéon Assas (directrice de thèse)

Résumé : 
Cette thèse porte sur l’expression sur le web des personnes atteintes de troubles mentaux, comportementaux et neuro-développementaux (TMCN). Les troubles peuvent être considérés comme un stigmate au sens de Goffman en affectant les relations sociales de la personne. Ils entraînent également des discriminations et sont fréquemment associés à des représentations péjoratives et erronées, notamment dans les médias. La prise de parole à ce sujet dans l’espace public est souvent difficile. Les personnes concernées peuvent donc vivre des situations d’exclusion et d’inégalités à cause de leur diagnostic. Dans ce contexte, des personnes se présentant comme ayant reçu un diagnostic pour un ou des TMCN se saisissent des outils offerts par le web pour y raconter leur expérience vécue. Cette thèse étudie leurs usages de ces dispositifs numériques et s’interroge sur les formes de la prise de parole et la place de ces dispositifs comme espaces d’expression publics pour une population stigmatisée. Elle s’intéresse à la manière dont ces outils de communication permettent une mise en récit. Elle analyse le rapport aux TMCN se dévoilant dans ces espaces. Enfin, elle se demande dans quelle(s) mesure(s) ces outils permettent de rendre plus courante la prise de parole autour des TMCN, de lui donner une visibilité plus importante dans l’espace public et de développer des actions rayonnant au-delà de l’espace numérique. L’objet de cette thèse est aussi de déterminer dans quelle mesure l’utilisation de ces dispositifs par les personnes concernées par les TMCN peut être une source d’empowerment, dans ses dimensions individuelles et collectives, en participant au développement de leurs capacités. 
 


Mots-clés : Usages des dispositifs numériques; Récit de soi; Encapacitation; Troubles mentaux, comportementaux et neuro-développementaux ; Représentations sociales ; Représentations médiatiques ; Santé mentale ; Autisme.

Chinmayee NAIK, soutenance de thèse le 12 novembre 2020, à 14h

Discours politique : du média traditionnel aux nouveaux médias lors des élections générales de 2014 en Inde

Jury :

  • Monsieur Francis BALLE, professeur émérite d'université (université Panthéon-Assas), directeur de thèse
  • Monsieur Jean-Marie COTTERET, professeur émérite d'université (université Paris 1), rapporteur
  • Monsieur Bernard VALADE, professeur émérite d'université (université de Paris), rapporteur
  • Monsieur Artan FUGA, professeur (université de Tirana)
  • Madame Josiane JOUËT, professeur émérite d'université (université Panthéon-Assas)

Résumé : L'objectif de cette recherche est d'analyser la différence entre toutes les modalités du discours politique et les nouveaux médias pendant les campagnes électorales. L'émergence d'Internet a redistribué les cartes du discours politique. L'idée est d'analyser l'évolution de la communication politique au cours de quelques décennies et d'observer comment elle s'est déroulée après l'introduction de l'internet et des technologies des médias numériques. La portée de cette recherche est assez vaste ; cependant, la recherche a ses limites. Ainsi, afin de maintenir la qualité de la recherche, nous avons décidé de nous concentrer uniquement sur l'Inde. À travers cette recherche, nous présentons une perspective impartiale des stratégies de communication adoptées lors des élections générales de 2014 en Inde. L'objectif est d'analyser l'impact des nouveaux médias et de déterminer où ils se situent en termes d'influence et d'impact sur le public. Il s'agit de déterminer si ces médias ont été un outil important pour changer notre façon de communiquer dans l'espace politique du monde moderne. Cette recherche vise à déterminer si les nouveaux médias ont dépassé les médias traditionnels pour le discours politique en Inde et si les médias sociaux pourraient être le canal de communication le plus efficace pendant les campagnes électorales.

Nadine TAMER, soutenance de these, 22 septembre 2020, 10h

 L’impact des technologies de l’information et de la communication sur les stratégies des entreprises médiatiques au Liban

Jury :

  • Monsieur Rémy RIEFFEL, professeur des universités (université Panthéon-Assas), directeur de thèse
  • Monsieur Elie ASSAF, professeur des universités (université Antonine), rapporteur
  • Madame Diane DE BELLESCIZE, professeur émérite d'université (université du Havre), rapporteur
  • Monsieur Tristan MATTELART, professeur des universités (université Panthéon-Assas)

Résumé : L’intégration des TIC au sein des médias a induit de multiples changements. L’essor du numérique a bouleversé les supports, le contenu, la relation avec l’audience et le modèle économique des médias.
Le contexte numérique modifie la perception de l’information par les différents départements du média et ouvre la voie à de nouvelles pratiques de communication. Il s’agit d’étudier comment les médias au Liban ont adapté leurs stratégies à ce nouveau contexte.
L’impact du numérique sur la stratégie des médias au Liban n’a guère été étudié jusqu’à présent. Notre immersion dans l’environnement numérique des médias, à savoir leur site web et leur Facebook, nous a permis de définir leur stratégie éditoriale et leur stratégie de rentabilisation ainsi que d’analyser leur interactivité.
Notre présence sur le terrain nous a donné l’occasion de conduire une série d’entretiens avec les professionnels des médias afin de comprendre l’évolution des processus de travail. L’aspect numérique de l’intégration des TIC est bien identifié chez les médias étudiés qui valorisent l’usage du Web, des réseaux sociaux et des métriques du web.
Les médias visent à renouveler les stratégies de communication et d’information et à s’adapter aux attentes des différents publics. Leur objectif est d’accroître l’interactivité et de communiquer leur contenu d’une manière nouvelle (combinant texte, image et vidéo), personnalisée et dynamique. Ils visent à enrichir le contenu et à proposer un service différencié avec une valeur ajoutée.
 Les TIC sont de véritables outils au service de la stratégie des médias. Elles ont conféré aux médias étudiés une visibilité forte et favorisé un développement croissant.