Aller à l'en-tête Aller au menu principal Aller au contenu Aller au pied de page
Accueil - Romain Badouard invité du CIS du CNRS

Romain Badouard invité du CIS du CNRS

Romain Badouard invité du CIS du CNRS
badouard.jpg

« Fake news » et discours de haine : controverses autour de la régulation des contenus en ligne: son intervention au séminaire du Centre Internet et Société du CNRS, le mardi 1er octobre.

Prochaine séance du séminaire du Centre Internet et Société du CNRS avec Romain Badouard, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris II Panthéon-Assas, chercheur au CARISM et enseignant à l’Institut français de presse, le mardi 1er octobre 2019, de 14h à 15h30, en salle 255, 59-61 rue Pouchet, Paris 17, Métro Brochant ou Guy Môquet.

Merci de vous inscrire à cis@cnrs.fr.

ROMAIN BADOUARD, « Fake news » et discours de haine : controverses autour de la régulation des contenus en ligne

La lutte contre les « fake news » et les discours de haine s’est traduite en France et en Europe par une véritable inflation législative. En France, une loi « relative à la lutte contre la manipulation de l’information » est entrée en vigueur à la fin de l’année 2018, et une loi « visant à lutter contre la haine sur internet », inspirée de son équivalente allemande, a été adoptée par l’Assemblée nationale en juin 2019. Ces textes de loi, dans leur diversité, font face à une même critique : ils instaureraient une forme de délégation des pouvoirs de censure depuis les états vers les plateformes du web. Les pouvoirs publics semblent en effet chercher à inciter ces grandes entreprises à modérer plus fermement les contenus qui circulent via leurs services. De leur côté, les plateformes développent des dispositifs de filtrage et de blocage d’un nouveau type, reposant sur des logiques d’automatisation de la modération et d’invisibilisation des contenus problématiques.

Pour autant, la question de la régulation de la parole publique en ligne dépasse largement les relations entre états et plateformes, et implique une grande diversité d’acteurs qui développent des pratiques alternatives de régulation culturelle : les médias misent sur le fact-checking et la certification de l’information, des activistes s’engagent dans des actions collectives de contre-discours ou pratiquent le « name and shame » pour lutter contre le financement de sites extrémistes ou manipulateurs, des entreprises mettent sur le marché des solutions de « brand safety », et les internautes eux mêmes sont enrôlés dans des initiatives de « vigilance participative ». Cette communication se propose ainsi d’analyser les controverses actuelles autour de la régulation des contenus en ligne, en montrant comment la reconfiguration des relations entre acteurs sur le marché de l’information influence les conditions d’exercice de la liberté d’expression sur internet.